Financement des travaux (mars 2014)


Pour avoir une idée de ce que représentent les sommes aujourd'hui, il y suffit de mettre la souris dessus : un point d' interrogation apparaît, puis la valeur en euros(exemple : )

En passant la souris sur les mots soulignés en pointillés, une photo en rapport avec le texte apparaît.(exemple : la croix)

Pour construire ses églises, le père Tattevin a besoin d' énormément d' argent.
L'église du Sacré Coeur est prévue comme sanctuaire diocésaine, ce qui lui permet de parcourir tout le diocèse.
Il s'arrange pour arriver en avance et lit son bréviaire tout en se promenant. Aux personnes qu'il rencontre et qui lui adresse la parole il indique qu'il a de gros problèmes financiers. Ce qui incite celles ci à faire des dons.
Parcourant inlassablement la paroisse, le diocèse et le département, il arrive à récupérer partout des sommes d’argent. à la surprise des autres curés. Les dons ne sont pas toujours bien gros, mais ils sont nombreux et proviennent de tous les niveaux de la société : on dit que 2000 francs de l’époque arrivent chaque jour.
Il a une liste de donateurs qui dépasse la la Côte d' Or (et va jusqu' en Amérique et en Afrique).
La première souscription est lancée dès le début de l'année 1932. En quatre mois elle permet d'acheter le terrain et de commencer les travaux .

Le père Tattevin rédige de nombreux tracts (premier tract).
Certains sont célèbres et sont diffusés dans les moments difficiles :

  • l’homme à la mer (lui-même sous une mer de factures),
  • l’épée de Damoclès pointé vers la tête du prêtre endormi (photo ci contre)
  • le moyen de sauver l'église (sous forme de BD).

Il trouve toujours une occasion pour récupérer un peu d’argent :
Il vend des cartes postales avec la statue du Sacré Coeur (avant la construction de l'église).
Il organisait des séances récréatives payantes.
Pour les Rameaux il fait vendre du buis 50 centimes . (le rameau).ou 1 franc . (suivant la taille). En 1938, ce sont 1800 rameaux de buis qui sont achetés.
Il fait éditer des timbres vignettes bleus ou mauves ( à placer sur les lettres )"pour l'église du Sacré Coeur" ("12 timbres variés en un élégant carnet" pour 2 francs). Le timbre représente le Sacré Coeur de ... Montmartre.
Avant de partir en vacances les enfants doivent en prendre pour les vendre pendant l' été. 40 000 carnets ont été réalisés.
Il propose à ses paroissiens d'organiser une quête durant le repas (pour une communion ou un mariage) auprès de leurs invités.
Il demande à ses vicaires de lui donner les dragées qu'il reçoivent (pour un baptême par exemple) et lui les revend à une boutique de dragées.
Il y aussi les cartes à percer que les enfants présentent . Chaque trou coûte1 franc.Les trous dessinent le contour de l'église.


Vente de charité

Ce qui rapporte aussi beaucoup d'argent c'est la vente de charité organisée au mois de décembre. Cette vente s'étend sur plusieurs jours (deux jours au centre ville et une journée à la paroisse).
On y trouve de tout : épicerie, jeux d'enfants, lainages pour bébés, pâtisserie, papeterie, article de Paris (?) C'est une brocante avec en plus la vente de nourriture (poulets, lapins, canards, confiture et miel), et bien sûr aussi celle de bouteilles Cette vente n' est pas uniquement l'affaire des paroissiens (par exemple des viticulteurs offrent du vin).Celle de 1933 (voir le bulletin paroissial du mois d'octobre 1933) rapportent environ 6 000 francs. Celle de 1934 est pour la toiture. En 1935 le maire refuse de louer la salle de Flore, la vente a lieu le 11 et 12 décembre à la salle "famillia" (rue Condorcet) et le le dimanche 15 décembre dans las annexes de la chapelle (entrée 2 rue Lafontaine). Il en sera de même en 1936, 1937 et 1938.

Vitraux

Pour les vitraux le père Tattevin a aussi des idées : "toute participation, pour une somme d' au moins 2000 francs, à la souscription des vitraux donne droit à une inscription au choix du donateur au bas d' un vitrail".

(exemple : La congrégation St Joseph de Cluny. Paris)

Donateurs

Le père Tattevin récompense les donateurs :

Les donateurs de petits dons figurent chaque mois dans le bulletin paroissial avec la somme donnéee.
Les donateurs, qui donnaient au moins 50 francs, recevaient pendant un an la revue "les amis du Sacré Coeur"
:"A perpétuité, la sainte messe sera célébrée le premier vendredi de chaque mois et le jour de la fête du Sacré Coeur, spécialement pour les Bienfaiteurs (offrande de 1 000 francs en un ou plusieurs versements).
En outre, les noms des bienfaiteurs insignes (5 000 francs ) et des Fondateurs (10 000 francs) seront gravés dans l'église pour être conservés au pieux souvenirs des paroissiens.
A leur mort, une messe sera dite à leur intention"

( Ces inscriptions se trouvent sur le mur de la chapelle des défunts à droite en entrant par le fond de l'église).

Divers

Il sait si bien présenter ses demandes d'argent que la tante d'une paroissienne (tante qui habitait Pagny la ville) lui donne les louis d'or qu'elle avait reçus pour son mariage
Les pièces de bronze, données par les paroissiens, sont fondues et servent pour réaliser la table de communion et les cloches .
Les représentations théâtrales données par les enfants du patronage sont payantes. Par exemple le prix des places pour la représentation du 23 octobre 1938 sont de 6 , 5 et 3 francs. Chaque carte de Membre Horaire du Patronages des Jeunes Filles donne droit à une réduction de 50%. Mais comme le dit le père Tattevin : "mais on peut n'en point... profiter"
Après l' inauguration de l'église, des cartes postales et des" guides pour la visite" (100 francs) sont vendues. Quand l'achèvement complet de l'église est réalisé une nouvelle version, en couleur, de ce guide est éditée.
Après le passage aux nouveaux francs le tableau situé au fond de l'église, qui indique l' état des dettes, reste en ancien francs. Dans le même ordre idée il ne détrompe surtout pas, ceux qui donnent de l'argent en croyant que la construction de la première chapelle ( 69 rue Aristide Briand) est celle de l'église définitive.

Monseigneur Tattevin n'a cessé sa recherche de financement qu'en 1961.

Conclusion

On a dit de Mgr Tattevin que si le diable est plus malin c'est qu'il est plus vieux.

En tout cas c'est un curé qui a su demander et obtenir de l'argent, pour une oeuvre qu'il sait exceptionnelle.
Mais il a su toujours rester modeste. Juste avant sa mort il disait encore :"C'est le Sacré Coeur qui a tout fait".

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